Ce blog animé par Gilles Sabatier, professeur d'histoire-géographie à l'IUFM de Saint-Etienne, est destiné à celles et ceux qui préparent le concours de professeur des écoles, notamment les étudiants PE1 du centre local stéphanois ! Bon courage à tous...

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Jeudi 13 mars 2008

Introduction

Définir « tourisme » : activités de personnes voyageant vers des endroits à l’extérieur de leur milieu habituel et séjournant dans ces endroits pendant moins d’une année consécutivement à des fins de loisir, d’affaires ou à d’autres fins. (Définition établie par l’organisation mondiale du tourisme); insister sur la variété des supports : article, photographies, cartes, qui permet d’appréhender les impacts du tourisme à différentes échelles, même si le sujet exclut les territoires d’outre mer.
 
Les idées majeures qu’il était possible de dégager : 
  1. l’importance du tourisme pour le territoire français à différentes échelles (docs 1, 3, 4 et 5)
- à l’échelle nationale : un élément stimulant la richesse nationale (France = principal pays d’accueil des touristes mais 3ème pays pour les recettes générées car pays de transit avec des flux entre Europe du Nord et du Sud, donc durée du séjour plus courte que dans d’autres pays). Grande diversité de la clientèle accueillie en France : Europe du Nord, du Sud, sans négliger la clientèle nationale (docs 2 et 3).
- à l’échelle régionale : des régions métropolitaines plus ou moins dépendantes de l’activité touristique pour les richesses produites. PACA, Languedoc Roussillon, Bretagne, Normandie, Poitou-Charentes sont les régions où le tourisme a un poids très important dans le PIB, à l’inverse des régions septentrionales. L’Île de France est un cas particulier : région où le tourisme rapporte le plus en retombées économiques mais qui en proportion compte beaucoup moins que les régions méridionales (tourisme = activité parmi d’autres). Les régions du Nord-Est de la France constituent les principaux pôles émetteurs des flux touristiques, à l’inverse des régions de l’Ouest et du Sud qui apparaissent comme des zones réceptrices.
- à l’échelle locale : des lieux transformés par le tourisme saisonnier de masse comme Val d’Isère qui se transforment radicalement (emplois saisonniers…).

 
  1. Un tourisme protéiforme fondé sur des gisements ou ressources de différents types (docs 2, 3 et 5)
Les documents 2 et 3 permettent d’établir une typologie des différents tourismes. L’atout du territoire français est de cumuler ses différentes formes touristiques, autrement dit de bénéficier de « gisements » multiples, évitant une spécialisation telle que la connaissent certains pays.
- un tourisme de masse lié à des ressources climatiques : littoral méditerranéen, littoral atlantique… Un tourisme balnéaire qui s’appuie sur l’héliotropisme et « le désir de rivage ». Ce tourisme de masse se retrouve aussi dans les stations de sport d’hiver dans les massifs alpins ou pyrénéens : enneigement, pentes sont en effet perçus par les sociétés développées comme des atouts alors qu’ils correspondaient jadis à des contraintes : les besoins des sociétés font donc évoluer « les gisements » touristiques. Implantation de stations d’hiver intégrées comme à Val d’Isère
- un tourisme culturel s’appuyant sur un patrimoine et une histoire riches (doc 2) : Mont Saint Michel, Avignon, Cluny, Vézelay, Reims et surtout Paris dont le rayonnement touche le monde entier… Hauts lieux du passé (des sites préhistoriques aux Eyzies aux Châteaux de la Loire), richesse du patrimoine architectural, beauté des paysages et des points de vue.
- un tourisme religieux : lieux de pèlerinage comme Lourdes
- un tourisme vert en développement essentiellement dans la partie occidentale du Massif Central, en Alsace, qui s’appuie sur la valorisation des sites naturels, une demande de retour à l’authenticité et au calme de sociétés de plus en plus urbanisées.

 
  1. Un tourisme producteur d’espaces et de paysages (3, 5)
- Des aménagements lourds orchestrés par l’Etat français : la carte 3 rappelle l’importance de l’intervention de l’Etat dans l’aménagement des littoraux touristiques (politique volontariste des années 60) qui a conduit à une diffusion du tourisme sur la côte languedocienne mais aussi landaise. Le document 5 illustre le développement des stations de sport d’hiver à partir des années 60-70 dans le massif alpin.
- Des voies de communication assurant la mobilité des hommes et une bonne desserte des zones touristiques : axe Nord-Sud qui reste l’axe majeur de déplacement (risque de saturation) mais aussi développement d’axes secondaires (desserte des vallées alpines par exemple).
- Des paysages complètement transformés sous l’effet de la diffusion du tourisme : doc 5. Création d’une station de ski à la place d’un village rural autour de son église installé sur une zone de replat, entouré de fortes pentes enneigées et sans doute spécialisé dans l’agriculture (présence de fermes en 1932). Urbanisation massive avec des immeubles collectifs (résidences, hôtels), chalets, voies de communication… Déboisement (à gauche de la photographie) pour faciliter l’installation humaine et l’ouverture du paysage.
- Des interventions de l’Etat pour préserver des espaces… et générer d’autres formes de tourisme plus respectueuses de l’environnement : création des parcs nationaux dans les Alpes, les Cévennes, les Pyrénées.

En conclusion, un tourisme qui s’adapte à l’évolution des mœurs, aux besoins des sociétés (on notera toutefois que les activités de loisirs comme les parcs d’attraction ne sont pas mentionnées par l’ensemble documentaire) qui transforme durablement les espaces à différentes échelles.
 
Par SABATIER - Publié dans : METHODOLOGIE
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Mardi 15 janvier 2008

Sans avoir la prétention d'être une correction type et gravée dans le marbre, voilà quelques pistes de réflexion permettant d'appréhender le sujet de majeure de mai 2007 qui est sorti dans l'académie de Lyon. 
Le travail n'est pas exhaustif et se contente de dégager quelques idées ou pistes d'exploitation pédagogique. On attendrait plus le jour du concours !


Introduction : bien préciser que le sujet renvoie à la deuxième colonisation, celle du XIXe siècle (la première qui débutait avec les Grandes Découvertes s’est achevée au XVIIIe siècle). A la fin du XIXe siècle, ce mouvement d’appropriation politique et militaire est en pleine accélération, ce qui entraîne de vifs débats. Le corpus documentaire est bien le reflet de ces débats avec 4 textes qui montrent des points de vue différents. Ces textes émanent d’hommes politiques majeurs (Jaurès, Clemenceau, Ferry) mais aussi d’un militaire (Gallieni). On pourra aussi remarquer que tous les documents prennent appui sur le point de vue du colonisateur. Les colonisés sont absents du débat, seul Gallieni les évoque dans son texte et ils apparaissent dans le document 2 mais en situation d'infériorité.  
 
I Des arguments économiques et politiques qui s’affrontent (docs 1, 2 et3) 
- Les colonies : débouchés pour les métropoles (Gallieni). Jaurès (3 b) s’oppose à cet argument capitaliste. "Commerce" écrit sur le bouclier (doc 2)
- argument politique : la colonisation est un acte d’affirmation de la puissance française/ Le but est aussi stratégique. Mais cet argument de puissance est contesté par Jaurès et par Clemenceau qui condamnent une politique où la force prime sur le droit.
 
II Des valeurs et des idéologies typiques de la fin du XIXe siècle (docs 1, 2 et 3a et b)
- le document 2 est un document de propagande colonialiste. Mise en valeur du patriotisme qui rappelle les arguments de Ferry : bouclier aux couleurs françaises. La mission civilisatrice de la France se mesure également aux colonisés présents dans la scène qui rappelle les peuples de l’empire accueillant les bienfaits français : Arabes, Africains à gauche, Asiatiques à droite. Les bateaux au fond peuvent évoquer la conquête des Antilles.
- Cette mission civilisatrice repose sur la croyance en l’inégalité des races qui est largement admise par une partie du personnel politique républicain (Ferry) mais aussi par les militaires (Gallieni). Pour Ferry, il y a l’affirmation d’une hiérarchie des races et un « devoir de civilisation ». Pour Gallieni, les populations sont soumises ; l’indigène doit rester un auxiliaire au service du colonisateur. Clemenceau adopte un point de vue plus anticolonialiste sur ce point (point de vue largement minoritaire) en critiquant la colonisation au nom des valeurs, du droit, de l’héritage des droits de l’homme. Pour Jaurès, l’idéologie socialiste qu’il défend lui fait envisager la colonisation comme un instrument de soumission auquel profite le système capitaliste.
 
 
PARTIE PEDAGOGIQUE - simplement une piste d'exploitation !
 
Les documents 1 et 3 sont difficilement utilisables pour les élèves : textes longs et vocabulaire ardu. On ne pourra pas proposer en l’état une analyse détaillée de ces textes mais les idées générales peuvent être dégagées dans l’optique de montrer aux élèves les débats suscités par la colonisation en France. Le document 2 sera le document central de cette exploitation pédagogique.
 
INTRODUCTION (très courte) : SITUATION DE LA QUESTION DANS LE PROGRAMME DU CYCLE 3
 
La colonisation est une question que les élèves abordent dans une partie consacrée au XIXe siècle (1815-1914), elle est liée à un autre point fort qui est l’industrialisation de l’Europe. Le phénomène colonial est présenté comme une conséquence de l’industrialisation qui a place l’Europe en position de dominer le monde. Ici, le but est de montrer aux élèves que le fait de s’approprier et de soumettre des territoires dans le monde entier a été l’objet de débats au sein des peuples colonisateurs et notamment en France.
 
 Exemple de séquence :
LA COLONISATION EN IMAGE (document 2)
 
Objectifs :
- relever des informations dans un document iconographique
- rédiger un texte écrit
 
A partir du document 2, on peut demander aux élèves de : 
-    Repérer dans l’image ce qui rappelle le peuple qui colonise 
-         Repérer dans l’image ce qui rappelle les peuples qui sont colonisés
-         Dire ce que les Français prétendent apporter à ces peuples 
-         Déterminer l’attitude des colonisés

Avec ces informations, les élèves peuvent rédiger un court texte répondant à la question suivante : de quelle façon montrait-on la colonisation aux enfants français à la fin du XIXe siècle ?  
 

LIENS DISCIPLINAIRES
 
-         Avec le chapitre sur la Révolution française (référence aux droits de l’homme)
-         Avec le chapitre sur la Naissance de la République (référence aux symboles)
-         Avec l’étude de personnages historiques, notamment Jules Ferry et Jean Jaurès
 
 
LIENS TRANSVERSAUX
 
- Avec le français :
  Faire écrire les élèves à partir d'un document iconographique

- Avec la géographie : 
   Se répérer sur terre, nommer des continents


- Avec l’éducation civique : 
   Être capable de repérer des arguments opposés
   Réfléchir sur les droits de l’homme et leur respect par la France. Réfléchir sur la notion de « racisme ».
Par SABATIER - Publié dans : METHODOLOGIE
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Vendredi 21 décembre 2007

Les cours sur la Révolution française étant particulièrement touffus, nous sommes passés rapidement sur le dernier point du cours relatif à la période de 1799 à 1815 intégrée dans les programmes scolaires à l'époque révolutionnaire. 
L'occasion est donc donnée ici dans l'esprit des programmes de cycle 3 de se demander si le régime consulaire puis impérial dirigé en partie ou en totalité par Bonaparte devenu Napoléon Ier en 1804 a enterriné les acquis révolutionnaires ou les a plutôt remis en cause. 
On pourrait répondre à cette problématique sous forme de tableau qui permettrait de dégager les grandes idées et d'apporter des éléments de réponse nuancés : 

 

Principes maintenus
Principes remis en cause
- séparation des pouvoirs : au début du Consulat avec Trois Consuls dirigeant le pays et deux assemblées : le Conseil des Anciens et des 500.
 
 
Mais ce principe disparaît rapidement car dès 1800, le premier Consul, Bonaparte, possède à la fois le pouvoir exécutif et législatif (il a aussi l’initiative des lois). En 1802, il n’y a plus qu’un Consul (Bonaparte) qui devient ensuite Empereur en 1804 et qui concentre tous les pouvoirs dans sa personne. 
- souveraineté nationale : en 1800, retour du suffrage universel.
Dans les faits, les citoyens ne sont pas consultés sauf pour des plébiscites (scrutins par lequel on demande de se prononcer par oui ou par non sur une question ou un texte). De plus, avec l’Empire, Napoléon Ier peut transmettre son pouvoir héréditairement.
- égalité civile et juridique (notamment l’abolition des privilèges) est notamment confirmée par la rédaction du Code Civil (achevé en 1804). Le droit à la propriété est à nouveau proclamé. La rédaction d’un Code pénal peut être aussi vu comme un moyen de se prémunir de la justice arbitraire d’Ancien régime.
Cependant, le statut de la femme est très inférieur à celui de l’homme (mais cette infériorité n’avait pas été réellement remise en cause au cours de la période révolutionnaire). De plus, l’Empire crée une noblesse bénéficiant de nombreux privilèges (mais ce n’est pas, comme sous l’Ancien Régime, une noblesse constituée à partir du privilège de la naissance).
- exercice des libertés individuelles et collectives (esprit de la DDHC de 1789). Affirmation de la liberté de conscience
 
 
 
… Mais préférence accordée à la religion catholique avec le Concordat.
Les libertés d’opinion, d’expresssion sont de plus en plus remises en cause (notamment sous l’Empire) : surveillance de la police de Fouché, rôle des lycées qui forment une jeunesse dévouée à l’Empereur, création du livret ouvrier qui permet de ne pas employer les agitateurs. L’esclavage est de nouveau en vigueur dans les colonies.
En conclusion, beaucoup de remises en cause durant cette période mais aussi la consolidation de quelques acquis (par le Code civil notamment). Les remises en cause sont notamment beaucoup plus nombreuses sous l’Empire, avec un régime autoritaire éloigné des idéaux révolutionnaires de 1789.
 
Voici une autre proposition de réponse à cette question, émanant de Marlène B.  qui avait réfléchi à cette question (PE1 A3) :

Les principes révolutionnaires sont-ils maintenus ou remis en cause pendant le Consulat et l’Empire ?
 Avant la Révolution, la société française était une société d’ordres où tous les pouvoirs appartenaient au Roi. Suite à une crise économique et à la hausse des mécontentements, le peuple se soulève : C’est la Révolution. Durant cette période, ils affirment des principes pour améliorer la société et avoir de meilleures conditions de vie.
 
Les principes révolutionnaires
Principes maintenus sous le Consulat (1799-1804)
Principes remis en cause durant l’Empire (1804-1815)
- Souveraineté Nationale : Le terme « citoyen » apparaît pour désigner les hommes libres en opposition à l’Ancien Régime.
- Séparation des pouvoirs : Législatif, Exécutif, Judiciaire
- Égalité civile et juridique : La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
- Égalité sociale : Abolition des privilèges.
- Liberté d’expression et d’opinion.
- Droit à la propriété.
- Souveraineté Nationale maintenue, Napoléon utilise le plébiscite pour ce faire élire consul à vie en 1802.
- Séparation des pouvoirs : Napoléon possède le pouvoir exécutif et un pouvoir de contrôle sur les assemblées législatives.
- Napoléon fait rédiger le Code Civil qui maintien les libertés individuelles, l’égalité devant la loi et le droit à la propriété.
- Le 2 Décembre 1804, Napoléon se fait sacré Empereur par le Pape Pie VII, donc il gouverne seul sans consulter les assemblées.
- Retour des privilèges avec une noblesse impériale et des titres de noblesses.
- Libertés de presse et d’opinion disparaissent, les opposants sont arrêtés.
Par SABATIER - Publié dans : L'HISTOIRE AU CONCOURS
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