Jeudi 19 mars 2009

LES TERRITOIRES FRANÇAIS D’OUTRE MER


Quelques données générales
120.000 km², 2,2 millions d’habitants en 1999, soit 3,7% de la population de la France, l’équivalent de la Lorraine ou de la région Languedoc Roussillon.
Pour les DOM : le territoire le plus peuplé : La Réunion avec 706 300 habitants (chiffre 1999) / Le moins peuplé la Guyane avec 157. 213 habitants
Ces territoires connaissent un triple mouvement :
-          plus d’autonomie politique dans le cadre de la décentralisation (notamment pour la zone Pacifique)
-          dépendance économique accrue à l’égard de la métropole.
-          organisation de l’espace marquée de plus en plus selon l’opposition centre/périphérie avec une croissance forte des chefs lieux urbains au détriment des zones de marge de plus en plus délaissées (espaces ruraux enclavés et îles périphériques).
 
Des statuts juridiques très différents
On compte 4 DOM, des TOM comme la Polynésie Française, Wallis et Futuna mais aussi des Collectivités territoriales d’outre mer (CTOM) avec Mayotte et Saint Pierre et Miquelon, un Pays d’Outre Mer : la Nouvelle Calédonie.
Dans les TOM, à la différence des DOM, les lois et règlements édictés en France métropolitaine ne s’appliquent pas de plein droit : codes de la route particuliers, calendriers scolaires différents, non application du PACS, des RTT, timbres postes spécifiques…
 

Une situation économique qui se dégrade
Héritage du passé colonial : dépendance par rapport à la métropole, interdiction de toute relation commerciale avec l’étranger jusqu’à Napoléon III. Cette dépendance se vérifie encore de nos jours pour certaines filière : ex la canne à sucre est soutenue à bout de bras par Paris et par Bruxelles. Les économies de ces sociétés sont peu compétitives, fortement assistées et profondément inégalitaires. La crise de l’emploi est importante : 19% de chômeurs en Guyane en 2001, 31% à la Réunion. Un secteur se caractérise cependant par son dynamisme : celui du BTP (forte demande en logements avec l’augmentation de la population et l’amélioration de l’habitat , grands chantiers : routes, équipements publics comme les établissements scolaires, les hôpitaux). D’autres secteurs sont cruciaux pour certains territoires : l’activité spatiale en Guyane, l’extraction et la transformation du nickel en Nouvelle Calédonie, le tourisme en Polynésie française. Le risque est élevé en cas de crise de ce secteur : ex les cours du Nickel variables ou l’arrêt des essais nucléaires en Polynésie en juillet 1996. Malgré tout, il faut rappeler que les territoires français d’outre mer ont un PIB/hab, un IDH, une espérance de vie à la naissance beaucoup plus importants que leurs proches voisins. Ex : Martinique a un PIB /hab 6 fois supérieurs à la République dominicaine et 25 fois supérieurs à Haïti. Ainsi, ces territoires sont-ils devenus très attractifs et doivent faire face à un afflux de population difficilement contrôlable et maîtrisable. Ex : à Mayotte, 30% des personnes soignées dans les dispensaires et moitié des femmes allant accoucher sont originaire des Comores.   102.Distillerie-Bois-Rouge.JPG Distillerie Bois Rouge sur l'île de la Réunion (photo personnelle 2005)

104.Traitement-de-la-canne---sucre.JPG Transformation de la canne à sucre (photo personnelle 2005)


Les caractéristiques spécifiques des territoires ultramarins : des territoires en très forte transformation
- L’héritage de la colonisation avec la mise en place d’une économie extravertie ont favorisé le développement de villes littorales dans des territoires qui naturellement favorisaient la littoralisation (montagneux au centre + exiguité des surfaces).
La croissance démographique et l’exode rural ont renforcé l’essor des villes. Le processus de concentration des hommes et des activités dans la ville principale s’est accéléré, alors que l’urbanisation s’étalait. Le chef lieu des territoires d’outre mer est la zone la plus dynamique : la polarisation est donc très forte, d’autant que les aides se dirigent d’abord vers la ville principale (seule exception, la Guadeloupe car Pointe à Pitre n’est pas la préfecture).
 
- Les communes sont plus peuplées et plus vastes qu’en métropole. Dans les DOM : 13.664 habitants par commune contre 1600 en moyenne en métropole. A la Réunion, la moyenne est même de 30.000 habitants par commune. En Guyane, des communes font l’équivalent de région ou de département français, avec des densités de population inférieures à 1 habitant/km².
56.Piton-cabri-Mafate.JPG Le cirque de Mafate avec le piton Cabri - un espace enclavé et sauvage mais aussi un gisement touristique (photo personnelle 2005)

57.Ilet-Malheur.JPG  Dans certaines zones de Cirque, notamment sur les replats, apparaissent des foyers de peuplement qui ont souvent été victimes d'un exode important de population vers les régions côtières. Il s'agit des îlets. Certains d'entre eux abritent des écoles. (photo personnelle 2005)


- les DOM et les régions d’outre mer ont le même territoire : conflits de compétences, surtout lorsque deux tendances politiques siègent au conseil général et au conseil régional. A cette caractéristique, génératrice souvent de conflits et de problèmes, s’ajoutent le fait que ces territoires d’Outre Mer présentent des unités spécifiques : les provinces, les communes associées et les districts. Ex : en Polynésie : 28 communes associées pour répondre à ladispersion insulaire. En Nouvelle Calédonie, on a 3 provinces avec chacune une assemblée élue à leur tête. A Wallis et Futuna, on a trois districts calqués en fait sur 3 royaumes.
 
- Des espaces soumis à une explosion démographique et urbaine. En un siècle : on est passé de 600.000 personnes à 2,4 millions aujourd’hui. La part des DOM baisse cependant du fait de nombreux départs de Domiens en métropole jusqu’au début des années 80. L’urbanisation est massive, elle est estimée à 86% à la Réunion par exemple. A elles seules, Cayenne, Pointe à Pitre, Fort de France et Saint Denis de la Réunion concentrents un habitant des territoires d’outre mer sur trois.
Des tentatives de rééquilibrage apparaissent avec le développement de zones touristico-résidentielles littorales, à la Réunion, en Martinique et en Guadeloupe. 138.-Plage-des-Raisins-clairs.JPG

La plage des Raisins clairs à Saint François en Guadeloupe : le développement du tourisme balnéaire sur une région périphérique - sud est de l'île - (photo personnelle 2005)

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Les habitations anciennes de la ville sont souvent détruites pour laisser place à des habitations plus modernes et à des logements collectifs pour faire face à la croissance de la population (photo personnelle 2005) 130.-Vue-de-l-h-tel.JPG

Sur les hauteurs de la ville, se développent les infrastructures touristiques : hôtels avec bungalows, golf... (photo personnelle 2005) 30.-Marina-Saint-Fran-ois.JPG Depuis Saint-François, on peut rejoindre des îles comme Marie Galante, Les Saintes... Depuis quelques années, la municipalité a créé une marina où les constructions cohabitent avec les voiliers (photo personnelle 2005)

 

Par G. SABATIER - Publié dans : LA GEOGRAPHIE AU CONCOURS
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